Manifestation devant l’Hôtel de Ville du 16 décembre 2011
Entre 60 et 70 AAS étaient présents ce jour de vacances scolaires, de veille de week-end et le jour d’un avis de tempête dans les parcs et jardins et sur la capitale. Soutenus massivement par les correspondants de nuit, nous avons été reçus, après un peu plus d’une heure de brouhaha incessant, par la DRH. En effet, nous voulions être reçus pour réaffirmer nos revendications et il nous semblait important de le faire en cette fin d’année. Nous tenions à remercier tous les participants et saluons le syndicat SUD pour son soutien.
Entretien avec la DRH : Compte rendu
La revendication principale pour tous les agents de surveillance, c’est l’échelle 4 pour les AAS de 2ème classe. La reforme de la catégorie C a fait perdre plusieurs échelons aux agents de surveillance lors de la suppression de l’échelle 2. Les AAS étaient recrutés sur concours à l’échelle 2 … Aujourd’hui ils sont recrutés sans concours à l’échelle 3 avec une baisse notable de leur échelon et des grilles indiciaires insatisfaisantes pour l’ensemble des agents d’accueil et de surveillance. Au niveau du déroulement de carrière, les AAS sont insatisfaits de leurs conditions car le non-passage des encadrants en catégorie B ne permet pas aux AAS d’effectuer un déroulement de carrière au minimum à l’échelle 4, 5 et 6. Madame Maité ERRECART parle de faire évoluer les ratios promus/promouvables à 25 %, alors que notre corps est déjà à ce taux et que nous réclamons un ratio à 100 %, afin que tous les agents qui sont inscrits sur la liste des promus/promouvables puissent passer à l’échelle supérieure.
Concernant les correspondants de nuit, le personnel souhaite avoir des clarifications sur leurs missions, avec des fiches de poste afin d’effectuer leur travail dans un cadre légal. On demande aux AAS médiation sociale d’effectuer des missions à la limite de la légalité (entrer dans les bâtiments privés lorsqu’il y a du tapage nocturne … C’est dangereux et cela dérape souvent vers des confrontations physiques) … Comment la mairie de paris compte t-elle assurer la sécurité des correspondants de nuit ? Certains élus demandent d’effectuer des missions délétères envers certaines populations, tel que le comptage des prostitués dans certains quartiers ou la localisation des toxicomanes, ainsi que le regroupement de jeunes afin de signaler toute activitée suspecte (vol, drogue, etc) … Les AAS de la médiation sociale ne comprennent pas ce que ce genre de missions viennent faire dans le rôle de médiation. Les AAS de la médiation sociale ont le sentiment d’être les « renseignements généraux» de la Ville de Paris, d’effectuer de la délation sur une partie de la population parisienne, de ficher les SDF en leur demandant de noter leur nom et prénom et de retranscrire cela dans des rapports, de comptabiliser le nombre de jeunes qu’il y a dans tel ou tel quartier. Les correspondants de nuit revendiquent l’échelle 4 parce que les inspecteurs de sécurité sont déjà à l’échelle 4 et que les AAS médiation sociale ont souvent des missions similaires. Ils vont dans les quartiers sensibles, ils dirigent les gens, ils s’occupent du social, ils s’occupent même de faire de la sécurité telle que réguler la circulation suite à un accident, ils interviennent lors de bagarres dans les quartiers, on leur demande d’interpeller certains publics dans les parcs et jardins et de les inviter à sortir. On demande parfois aux correspondants de nuit d’intervenir physiquement alors que certains publics sont armés et qu’eux-mêmes n’ont aucun moyen de défense. La spécialité AAS médiation sociale a une spécificité qui semble très ambigüe et ils ont parfois le sentiment d’empiéter sur le travail de la police. Pour toutes ces raisons, les AAS médiation sociale demandent une clarification de leurs missions et un passage à l’échelle 4.
Les correspondants de nuit ne veulent plus être gérés par des inspecteurs de sécurité, mais avoir un véritable déroulement de carrière avec des AASP et des TSS. Ils ne trouvent pas normal que ces derniers puissent être détachés dans leur corps et que l’inverse soit impossible, sauf sur concours. Pour renforcer ce sentiment d’injustice, la mairie de paris a reconnue la spécificité incendie et tous les agents de la DILT sont à l’échelle 5 … Donc la mairie arrive à faire évoluer une spécialité à l’échelle 5 et n’arriverait pas à faire évoluer les autres AAS au minimum à l’échelle 4 ? Nous rappelons que sur ces questions, les adjoints au maire sectoriels ne peuvent pas apporter de réponse et que c’est du ressort de madame ERRECRAT (Adjointe au Maire chargée de la DRH).
La DRH précise qu’elle n’a pas assez de promouvables pour nommer les agents actuellement … Que le 100 % des promus/promouvables nous ne l’obtiendrons jamais et qu’aujourd’hui un effort a déjà été effectué pour les promouvables à l’échelle 5 et 6 … La CGT rappelle tout de même que cette situation devrait évoluer en 2012. La DRH précise que sur le passage de la catégorie B, une étude est déjà effectuée et qu’au risque de décevoir les organisations syndicales, ce passage ne pourra pas être massif. Il pourra y avoir des requalifications de poste en B, mais le coût budgétaire est non négligeable … Peut-être que la question se pose et que lors de la refonte des corps que ce soit TSS ou AASP, la DRH fera des requalifications mais les proportions ne seront pas massives et qu’au risque de décevoir les personnels, au niveau quantitatif ce ne sera pas mirobolant.
Le syndicat CGT ASPS fait remarquer que la Mairie de paris a les moyens financiers de ce grand chantier et qu’il est tout de même navrant de trouver des primo-notateurs pour les notations à l’échelle 5 en catégorie C. Nous rappelons que BERTRAND DELANOE a fait un effort conséquent pour les AAS de toutes directions confondues en faisant passer 400 agents sur 3 ans à l’échelle 4 … Nous sommes environ un corps regroupant 1200 AAS, il ne nous paraît pas irréalisable de faire passer le reste des agents en échelle 4 … C’est pour notre organisation syndicale, une suite logique de la reforme de la catégorie C.
Concernant les correspondants de nuit, la DRH va se rapprocher de la DPP sur les missions demandées … Sur les questions d’irrégularités de certaines missions, la DRH n’est pas juriste, mais elle ne pense pas qu’il soit irrégulier d’aller demander les noms des SDF, et que la CNIL n’y voit une quelconque irrégularité. Elle précise ne pas connaître la clarification des missions des CDN … La DRH a toute conscience de la difficulté des missions des correspondants de nuit, de la population qui n’est parfois pas facile et même parfois armée … Elle est consciente qu’incontestablement ils prennent des risques. La DRH précise à plusieurs reprises que le métier n’est pas facile et dangereux.
Elle précise qu’il est important qu’elle se rapproche de la DPP. Le syndicat indique que les rapports des correspondants de nuit servent à la police nationale. La DRH annonce qu’il est de son ressort de ne pas mettre le personnel en danger et qu’elle doit veiller à ce que leur personnel travaille dans un cadre légal.
Le syndicat CGT ASPS précise que la mairie expose ouvertement les CDN et pourrait mettre en danger cette spécialité, aux travers de reportages comme celui de France télévision puisqu’il a été clairement énoncé que les CDN donnaient des renseignements à la police nationale … Suite à ce reportage, les CDN ont été menacés de mort, il leur a été signifié, par leur hiérarchie, que s’ils ne souhaitaient plus aller dans ces quartiers, ils seraient mutés dans d’autre bases et d’autres collègues viendraient à leur place … Le syndicat CGT ASPS est contre la surenchère médiatique qui vise à stigmatiser une profession au sein de la mairie de paris et de les exposer quotidiennement à des dangers. Nous déplorons que madame EL KHOMRI ne nous ait toujours pas reçu sur ces sujets puisque la DRH n’arrête pas de répéter que cela va au delà de leurs prérogatives.
La DRH défend madame EL KHOMRI en précisant que c’est une élue à l’écoute de son personnel et nous invite à renouveler notre demande, ce que nous n’allons pas manquer de faire … Il va donc falloir qu’elle écoute le personnel CDN et que son emploi du temps lui permette de nous recevoir…
La DRH ose prétendre que c’est le rôle des correspondants de nuit en qualité de citoyen d’effectuer des missions en étroite collaboration avec la police et que ce n’est pas aberrant que les CDN signalent à la police les effets de racolage … La DRH précise que si, à un moment donné vous nous dites que les correspondants de nuit ne peuvent pas faire ce genre de missions… Alors, il faut mettre fin à la spécialité des correspondants de nuit … C’est plutôt choquant d’entendre de tels propos précise la CGT, car on a le sentiment que les médiateurs n’ont pas d’autres choix que d’accepter ces missions trop souvent dangereuses.
La DRH précise qu’il ne peut pas y avoir étanchéité totale entre un fonctionnaire de la ville de paris et le public dans les quartiers sensibles. Le syndicat CGT ASPS a le sentiment que la DRH ne mesure pas ses propos et la gravité des risques encourus par cette spécialité dans ce corps de métier et qu’ils sont dans l’attente passive qu’un drame puisse se produire pour agir … Le syndicat CGT ASPS leurs précise bien que la loi les obligent à protéger les fonctionnaires contre tout acte de violence … Manifestement à part répéter inlassablement « nous savons, vous faites un métier difficile », rien ne semble les alerter véritablement.
Et pourtant, le message sur l’insécurité semble avoir bien été perçu dans les parcs et jardins puisque la direction DEVE serait à l’étude pour regrouper les AAS ensemble afin d’effectuer des missions de manière non isolé. La DRH donne comme exemple que la police nationale envoie aussi par deux des agents dans des quartiers sensibles … Et alors ? Cela signifie donc que si l’état n’est pas en mesure d’assurer la sécurité de son personnel, la mairie de paris ne le pourra qu’encore moins ? Ce n’est pas une réponse viable à apporter aux personnels dans une conjoncture aussi difficile qu’aujourd’hui !
On a aimé l’exemple de la DRH de préciser « on ne peut pas mettre deux policiers derrière deux policiers » … Cela nous rappelle le discours tenu par un élu vert aux parcs et jardins, il y a quelques années … Et pourtant, 80 % des agressions aux parcs et jardins concernent le personnel AAS … La mairie de paris va t’elle arrêter un jour de ce trouver des prétextes fallacieux pour ne pas assurer la sécurité de son personnel ?
Les agents sont dans l’incompréhension de ne pas obtenir les tickets restaurants … Nous réclamons que les agents qui travaillent en décalés puissent obtenir une rémunération sous forme de prime IAT 3 sachant qu’il y a une interrogation de notre part, à savoir que l’ASPP (Association d’action sociale en faveur des personnels) perçoit 6 euros en moyenne de participation par repas dans les restaurants collectifs de la part de la ville de Paris … Où est la justice sociale … Les AAS payent de leur poche pour aller manger et souvent dans des conditions peu confortables par rapport à leurs collègues qui travaillent dans d’autres directions et qui peuvent 5 jours par semaine aller se restaurer dans les cantines ASPP.
Le travail décalé, les weekends et jours fériés, ne permet pas aux personnels AAS de se restaurer dans les restaurants qui sont fermés. La DRH s’en remet à la réponse de l’élu du Maire et à cet instant rien n’est fait pour permettre aux personnels se retrouvant en difficulté de pouvoir se restaurer dans de bonnes conditions. … Hormis un self à Sully Morland qui est ouvert le soir mais qui ne concerne qu’une infime partie des employés AAS.
La DRH précise que pour les locaux sociaux, elle a bien conscience qu’il y a des problèmes d’insalubrités … Et que dans le cadre d’un accord avec les partenaires sociaux sur la santé au travail, des groupes de travail seront engagés dès février 2012 et qu’il sera examiné lors d’un CHS centrale, un programme de rénovation des locaux sociaux … Il a bien été précisé qu’une attention toute particulière serait portée sur les locaux de la direction DEVE … Nous espérons qu’au travers de ces programmes de rénovation, la direction DEVE ne se contentera pas d’effectuer des mesurettes pour cacher la misère. La DRH précise que ce dossier est porté au plus au niveau par la secrétaire générale et qu’au travers de photos, ils ont pu constater le caractère vraiment insalubre de certains locaux de la Deve. Notre organisation syndicale se réjouit qu’au travers d’une grande campagne sur le terrain qu’elle a mené dans les différentes divisions de la direction DEVE (photos à l’appui) qu’une prise de conscience soit enfin actée par les plus hauts responsables de la mairie de paris … La question demeure pourtant … Pourquoi avoir attendu autant d’années ?
Concernant les tenues de travail, notre organisation syndicale a posé la question sur le budget qui est alloué actuellement au personnel de la ville pour le nettoyage des tenues de travail. Nous savons qu’il y a une société qui passe pour le personnel ouvrier de certaines directions (exemple : personnel des cimetières) … Comptez-vous mettre en place le même système pour la surveillance ou proposer une prime pour le nettoyage des vêtements (prime IAT3)? La DRH est au courant de la jurisprudence de la Poste et elle apportera cette revendication au maire de paris. La DRH précise que c’est la direction DILT qui doit porter cette revendication qui nous semble plus que légitime. Nous n’aimerions pas convaincre les agents de venir travailler avec des vêtements souillés … Et qu’ils soient contraints de venir travailler en civil.
Notre organisation syndicale est demandeuse de l’intégration de la prime d’accueil dans le traitement budgétaire … Les agents d’accueil et de surveillance toutes directions confondues sont en contact permanent avec le public. La DRH nous précise que notre corps de métier ne fait pas parti du périmètre auquel la mairie de paris s’était fixée à accorder cette prime (NBI). Toutefois, nous faisons remarquer que cette prime est légitime, puisque la direction DEVE notamment c’est doté d’une charte qualité avec le public et que la mission d’accueil y tient une place prépondérante … Nous souhaitons que la DRH soit porteuse de ce message auprès du Maire de Paris.
La DRH précise que l’augmentation des salaires fixée sur l’indice des prix et qu’une intégration immédiate de la prime de résidence et de la prime IAT1 dans le salaire de base n’est pas du ressort de la mairie de paris … Pourtant, la mairie de paris dispose de moyens financiers pour permettre des augmentations immédiates de salaires.
La DRH nous précise, toutefois, qu’en corrélation avec les revendications sur les salaires et qui ont été transmises à madame ERRECART le 29 novembre 2011 par la CGT, la ville s’engage à revoir le décret de 1994 afin que les avancements d’échelons soient plus rapides et il n’y aura plus part ce fait d’avancement accéléré au choix. Toutefois, cela ne répond pas à notre revendication d’obtenir pour tous les AAS deuxième classe l’échelle 4 qui aurait à notre sens été plus favorable. L’application de ce décret d’après la DRH serait pour 2012 avec une mise en place réelle pour début 2013.
Notre organisation syndicale réclame un passage de l’indice terminal de la catégorie C de 476 à 499 … La maire adjointe chargé de la DRH a demandé au maire de paris une réévaluation de cet indice par promotion au choix, pour tous les corps de la catégorie C.
Notre organisation syndicale demande une date de réunion afin de discuter avec madame ERRECART sur les revendications concernant le déroulement de carrière et une autre date avec les élus de chaque secteur de travail AAS concernant les revendications spécifiques à chaque direction. La DRH nous précise ne pas être en mesure de nous communiquer de dates, sachant qu’ils ne font pas les agendas des élus. La DRH précise qu’il est de son ressort, par contre, de faire état de cette audience avec notre organisation syndicale auprès des élus du maire, mais que ce n’est pas leur rôle de fixer des dates de rendez-vous.
Nous rappelons malgré tout que notre organisation syndicale est attentive à ce que nous transmet la DRH afin de répondre aux agents qui manifestent actuellement sous la pluie, en ce jour du vendredi 16 décembre 2011. La DRH précise toutefois que des rendez-vous seraient programmés avec les adjoints aux maires sectoriels avant le 31 janvier 2012. La DRH va être porteuse auprès de la direction DEVE et la direction DPP dans un premier temps de notre volonté d’être reçu dans le cadre de nos revendications.
Concernant la prime APS, notre organisation syndicale réclame une aide plus conséquente de la prime annuelle et mensuelle. La DRH nous précise que l’adjointe au maire DRH a également demandé au maire de paris une réévaluation de la prime APS mensuelle, en partenariat avec les mutuelles. Aucune augmentation n’est prévue pour la prime APS annuelle à ce jour.
Notre organisation syndicale précise que les correspondants de nuit sont très en colère et partiront en lutte contre la mairie de paris en dénonçant leurs réelles conditions de travail auprès des medias si le maire de paris ne prend pas réellement conscience de leurs souffrances et ne fait rien pour y remédier … Ils exigent le passage à l’échelle 4.
Notre organisation syndicale précise que le Maire de Paris peut faire cet effort afin de revaloriser tous les AAS à l’échelle 4. La DRH a été très sensibilisée sur les difficultés que le personnel CDN rencontre avec la direction DPP.
Peu après la fin de l’audience, nous avons appris que le CTP DPP 2011 avait été ajourné par manque de quorum, les élus du personnel ayant fait la politique de la chaise vide … Preuve que la direction DPP n’a pas les faveurs du personnel et de leurs représentants sur ce projet et que madame EL KHOMRI devrait se poser les bonnes questions et recevoir le syndicat CGT ASPS dans les meilleurs délais.
Notre organisation syndicale,
suite aux réponses que les élus nous apporteront,
vous tiendra informé afin de prévoir tous ensemble les actions à mener.
LE SYNDICAT CGT ASPS
VOUS SOUHAITE DE BONNES FETES A VOUS ET VOS PROCHES ...
JOYEUX NOEL ET BONNE ANNEE 2012 !